Une seconde bibliothèque SIMPLO - pour une salle Yoga
- Stéphane Jocardes

- 13 mars
- 2 min de lecture

Cette commande est arrivée avec une demande très claire : une seconde bibliothèque SIMPLO, mais adaptée à une pièce dédiée au yoga. Un espace de respiration, de silence intérieur, où chaque détail doit inviter au calme plutôt qu’attirer le regard.
Dès les premières photos du lieu, j’ai compris le défi : un mur long et neutre, un parquet clair aux tons naturels, une grande fenêtre laissant entrer une lumière douce et diffuse. Rien d’exubérant, tout en retenue. Le client voulait conserver cette sérénité tout en y intégrant un meuble fort, capable de structurer l’espace sans l’alourdir. Pas question d’imposer une version standard ; il fallait que la SIMPLO s’y dissolve presque, tout en affirmant sa présence sculpturale.
J’ai donc repris les codes de la collection SIMPLO – cette géométrie en croix libre, ces intersections franches, ce jeu de pleins et de vides – mais je les ai assouplis pour l’occasion. Les montants verticaux en marbre Venato deviennent les piliers discrets qui dialoguent avec la lumière naturelle. Les étagères en eternal noir marquina poli en Silestone contrastent sans agresser : elles captent et renvoient la lumière avec une élégance mate-brillante, absorbant le regard là où le marbre le diffuse doucement. L’asymétrie des niveaux – volontairement décalée – crée un rythme organique, presque comme une respiration : inspire, expire.

Le vrai tour de force, c’est l’éclairage. Des bandes LED intégrées uniquement en sous-face des étagères, positionnées en retrait, diffusent une lumière chaude et tamisée (toujours en dimmable) qui ne frappe jamais directement. Elle effleure les veines du marbre depuis le dessous, crée un halo discret autour des objets posés, et surtout illumine le fond en marbre clair comme un écran lumineux. Dans la pénombre du soir, la bibliothèque devient une source de calme : on ne voit plus un meuble, on ressent une présence apaisante, presque vivante.
Le processus a été, comme toujours, un vrai dialogue. Rendez-vous sur place pour valider les cotes au millimètre près, choix du marbre en bloc pour assurer la continuité des veines, découpes CNC précises suivies d’ajustements manuels pour que chaque intersection soit parfaite, sans jeu, sans lumière parasite. Toujours du bois peint en noir pour les traverses, ponçage manuel des arêtes pour ce toucher vivant. Zéro vis apparente, montage invisible, zéro SAV en vue.

Une petite anecdote qui m’a touché : une fois installée, le client y a posé un grand tableau de Dalí. Il m’a dit que mon processus de création – cette façon de laisser les veines guider les coupes, d’écouter la pierre plutôt que de l’imposer – lui faisait penser à Dalí et à sa « méthode paranoïaque-critique ». Une connexion inattendue, mais qui résonne parfaitement avec l’esprit SIMPLO : laisser l’inconscient de la matière s’exprimer.
Aujourd’hui, elle fait corps avec la pièce. Le client y pose ses livres de yoga, quelques objets précieux, cette œuvre dalinienne… et le meuble disparaît dans le meilleur sens du terme : il soutient sans envahir, structure sans cloisonner. C’est exactement ce que je cherche avec SIMPLO : un design qui épouse l’architecture, valorise l’espace et se fait discrètement spectaculaire – un écrin fonctionnel et sublimé.

Budget indicatif pour une réalisation similaire (dimensions et finitions adaptées) : 7 800 € TTC
Stéphane Jocardes



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